AfDB’s boss seeks new deal for Africa
The African Development Bank (AfDB) will launch a New Deal for Africa in energy resource development, its new president Nigerian Akinwumi Adesina confirmed today. “We are going to launch a New Deal on energy for Africa. Freeing up Africa’s huge energy potential for Africa will be one of the Bank’s major focal points”, declared Adesina at his inauguration ceremony in Abidjan.

Une conjonction de différents facteurs, que plusieurs pays d’Afrique subissent de plein fouet, fait craindre le retour aux heures sombres, celles du surendettement des années 1980 et 1990.

À la fin 2015, le président zambien, Edgar Lungu, ne savait plus à quel saint se vouer pour enrayer la chute libre de la monnaie nationale. Le kwacha venait de perdre la moitié de sa valeur en douze mois, et continuait sa dégringolade. En 2016, le kwacha a été réévalué par rapport au dollar grâce aux emprunts que le pays a contracté sur les marchés :1,25 milliard de dollars (846,17 millions d’euros), dépensés en partie pour soutenir la monnaie locale. Conséquence: le taux de l’émission de l’emprunt souverain a atteint 9,4 %, tiré vers le haut par la chute des cours du cuivre, première source de devises de la Zambie, et la flambée des dépenses publiques. Pourtant, en 2012, lorsque tout semblait sourire au pays, qui affichait 7,3 % de croissance, Lusaka empruntait à un taux inférieur à celui de l’Espagne…

Que s’est-il passé depuis ? Une forme de « tempête parfaite » (perfect storm), qui fait craindre le retour aux heures sombres, celles du surendettement des années 1980 et 1990. Cette situation alarmante, les participants au 26e Forum économique mondial sur l’Afrique, qui s’est ouvert le mercredi 11 mai à Kigali au Rwanda, veulent à tout prix éviter.

Le mécanisme qui est connu ressemble à un cercle vicieux : la baisse des cours des matières premières oblige le pays à contracter des prêts en dollars sur les marchés. Mais les taux de ces emprunts flambent au fur et à mesure que se détériore la situation économique locale, et que les agences dégradent la note souveraine du pays. La devise nationale est alors fortement dévaluée… ce qui rend plus lourd le remboursement en dollars des prêts contractés.

La spirale de surendettement

Les pays les plus touchés, dans leur majorité, sont ceux qui dépendent le plus de leurs exportations de matières premières, comme l’Angola ou le Nigeria. Ce n’est pas une surprise. « Si les prix du pétrole venaient à s’effondrer, l’Angola, le Gabon, le Congo et la Zambie pourraient se heurter à des difficultés dans le remboursement de leurs obligations souveraines », avertissait, dès 2013, lorsque les cours étaient au plus haut, le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz. Certains pays, comme la Zambie, « ont utilisé la dette comme une sorte de revenu », ajoute Ronak Gopaldas, responsable du risque pays à la Rand Merchant Bank.

Il est vrai que la situation se prêtait alors à l’endettement : après la crise financière de 2008, les capitaux étaient disponibles, et de nombreux pays africains venaient de voir leur dette restructurée ou effacée – plus de 100 milliards de dollars à l’échelle mondiale, dont le plus gros en Afrique – dans le cadre de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE).

2 % de la production industrielle mondiale

Selon cet expert, « la façon de résoudre ce problème dans un monde de matières premières aux prix déclinants est de tenter de remplir certains des espaces laissés vacants par la Chine, lorsqu’elle abandonne certains secteurs manufacturiers globaux ». C’est à dire que les pays africains doivent mener une politique de diversification et d’industrialisation, en même temps qu’une stratégie de « poussée vers l’export », estime M. Page. Mais la part de l’Afrique dans la production industrielle planétaire qui était de 3 % en 1970,  est passée à  2 % en 2013.

D’une manière générale, les pays les plus pénalisés sont en effet les moins diversifiés. « L’Angola n’a pas anticipé la baisse durable des prix du pétrole, ils n’ont pas ouvert leur économie, ni stimulé les autres secteurs. Ils avaient créé un fonds souverain de 5 milliards de dollars, on ne sait pas ce qu’ils en ont fait », explique un grand banquier impliqué dans ce pays. Obligé d’introduire des règles de contrôle des changes, l’Angola a même dû se résoudre à reprendre des relations avec le Fonds monétaire international.

« Fondamentalement, on n’est pas dans un retour aux années 1980 », nuance Aurélien Mali, chef de l’analyse Afrique chez Moody’s. Les pays concernés font certes face « à un choc d’une violence extrême, avec la baisse des cours de certaines matières premières, les prix des métaux divisés par deux, le pétrole par trois », mais ils ont un « taux d’endettement moyen encore acceptable, de l’ordre de 40 % ».

Une partie du continent échappe à cette tempête

L’épreuve en cours peut donc servir de test grandeur nature pour le continent, même si chacune des économies est différente. D’un côté, certains pays ont déjà fait défaut (Mozambique) ou sont en « situation critique » (Ghana, Zambie).

De l’autre, des économies, fondées sur d’autres ressources que les mines et les hydrocarbures, sont au contraire en progression nette. Une partie du continent échappe à cette crise de l’endettement, de la dévaluation et de la chute des cours. Ce sont, par exemple, l’Ethiopie, ou surtout la Côte d’Ivoire, dont « on a pu mesurer la force de l’économie agricole », note M. Mali.

Malgré la crise, certains gouvernements nouent de nouveaux partenariats. « La Chine a changé de stratégie : elle cherche désormais à promouvoir, de manière très volontaire, l’industrialisation. Ils nous approchent pour proposer de réfléchir à des projets communs », explique Martha Stein-Sochas, directrice pour l’Afrique australe du bureau de l’Agence française de développement (AFD).

Source : Le Monde

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